Asepsie, la lutte aux microbes chez le dentiste

Asepsie, la lutte aux microbes chez le dentiste

La lutte aux microbes

Les microbes sont présents partout. Certains sont bénéfiques pour l’humain et d’autres sont pathogènes, c’est-à-dire qu’ils causent des maladies ou des infections.

En dentisterie, des procédures rigoureuses d’asepsie sont utilisées pour prévenir la contamination des patients et du personnel par les micro-organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites).

Qu’entend-t-on par asepsie?

L’asepsie se décrit comme l’absence de micro-organismes pouvant causer des infections. Dans le milieu dentaire, l’asepsie dépend de toute une chaîne d’actions qui doivent être entreprises par le personnel dentaire et chaque étape doit se dérouler sans introduire de micro-organismes.

Le maintien d’un environnement aseptique implique l’utilisation de techniques comme le lavage des mains, le port de gants, masques et verres protecteurs, le nettoyage et la désinfection des aires de travail et le nettoyage et la stérilisation des instruments qui sont en contact avec la bouche du patient.

Une obligation pour le dentiste

Selon le Code de déontologie des dentistes, le respect de l’hygiène et de l’asepsie constitue une obligation légale pour le dentiste et son équipe.

En tout temps, l’Ordre des dentistes du Québec peut effectuer une visite sans préavis dans une clinique dentaire pour vérifier si le protocole de prévention des infections est appliqué correctement. La non-conformité au protocole peut entraîner la fermeture de la clinique.

On retrouve les principales recommandations en matière d’asepsie dans le Document d’information sur le contrôle des infections publié conjointement par l’Ordre des dentistes du Québec et l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec.

Comment se transmettent les infections?

Il y a deux modes de contamination :

  • Directe : infection transmise d’une personne à une autre par contact direct (ex. : un membre du personnel est contaminé par la salive d’un patient qu’il traite);
  • Croisée : contamination d’une personne à une autre par un intermédiaire (ex. : un patient contamine un autre patient via un instrument mal stérilisé ou des mains non aseptisées d’un membre du personnel).

Sources de contamination

Dans le cabinet du dentiste, les contaminants peuvent provenir de différentes sources :

  • Sang, salive, tartre;
  • Eau des canalisations qui alimentent les pièces à main, la seringue air/eau, le détartreur ultrasonique, etc.;
  • Eau municipale contaminée (lors d’un avis d’ébullition ou avis de non-consommation);
  • Système d’évacuation (pompe à salive);
  • Air ambiant : les contaminants présents dans l’air proviennent de la toux, la respiration et les aérosols (petites particules contenant des micro-organismes et qui sont propulsées dans l’air lors des traitements);
  • Poussière.

Un protocole de prévention des infections est suivi rigoureusement et des précautions spécifiques à chacune de ces sources de contaminants sont suivies par tous les intervenants et pour tous les patients.

Important : Il est très rare qu’un patient ou un membre du personnel contracte une infection ou une maladie dans une clinique dentaire.

Mesures d’asepsie

Voici un aperçu des techniques utilisées pour empêcher la propagation des infections dans les cabinets dentaires.

Barrières physiques

Le personnel porte des équipements qui leurs permettent de se protéger et de protéger les patients :

  • Sarrau ou un uniforme : changé au moins une fois par jour;
  • Masque : changé après chaque patient;
  • Verres protecteurs ou visière : nettoyés après chaque patient;
  • Gants : retirés en les retournant à l’envers et jetés après chaque patient.

Lavage des mains

Le lavage des mains demeure la mesure la plus efficace dans la prévention des infections.

Il s’effectue :

  • Avant d’enfiler les gants et après les avoir enlevés;
  • Après le retrait du masque;
  • Avant et après les repas;
  • Après un contact hors du champ opératoire;
  • Après un contact avec du sang ou matériel contaminé;
  • Au début et à la fin de chaque journée.

Le lavage dure de 30 à 60 secondes. Aucun bijou n’est porté sur les doigts et les ongles sont gardés courts, propres et sans vernis et ongles en acrylique.

Prévention auprès du patient

Certaines mesures préventives peuvent être prescrites au patient. Elles permettent de protéger la santé du patient, des professionnels dentaires et des autres patients de la clinique. Voici quelques exemples :

  • Une prémédication (ex. : un antibiotique) prise par le patient pour prévenir les bactériémies (bactéries qui entrent dans le système sanguin);
  • Un rince-bouche contenant de la chlorhexidine et utilisé avant la procédure (réduit de 90 à 98% la flore bactérienne présente dans la bouche du patient);
  • Le patient peut porter des verres protecteurs pour se protéger les yeux des aérosols et éclaboussures;
  • Le questionnaire médical rempli par le patient peut révéler des facteurs de risque qui justifient de reporter le traitement ou de prendre des mesures de sécurité supplémentaires (ex. : cas de tuberculose, SRAS, etc.).

Immunisation du personnel

Pour leur protection personnelle et celle de leurs patients, il est fortement recommandé au personnel dentaire de recevoir les vaccinations suivantes :

  • Immunisation de base (diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, rubéole, oreillons, poliomyélite);
  • Influenza (chaque année);
  • Hépatite B;
  • Tuberculose;
  • Varicelle.

Nettoyage des équipements

Le nettoyage doit toujours précéder la désinfection et la stérilisation. Il s’agit d’une action mécanique qui consiste à brosser une surface à l’aide de détergent et à la rincer avec de l’eau. Le nettoyage n’élimine pas tous les micro-organismes.

Désinfection des surfaces

La désinfection diminue la population bactérienne en détruisant certains micro-organismes mais non les spores bactériennes. Elle est surtout utilisée pour les surfaces de travail (comptoirs, meubles, fauteuil, équipements électroniques, poubelles, planchers, etc.).

L’efficacité de la désinfection dépend du produit utilisé et la surface doit avoir été nettoyée au préalable pour que le désinfectant soit efficace.

Stérilisation des instruments

La stérilisation élimine tous les micro-organismes, y compris les virus et les spores bactériennes. Elle commence toujours par un bon nettoyage des instruments pour éliminer toutes traces de sang, de salive et de débris car celles-ci créent un écran limitant l’action de la stérilisation.

La stérilisation est effectuée pour tous les instruments qui ne sont pas jetables et qui entrent en contact avec la bouche.

Les méthodes de stérilisation utilisées :

  • La vapeur d’eau saturée (autoclave) : vapeur d’eau sous pression;
  • La vapeur chimique non saturée (chemiclave) : mélange d’alcool et formaldéhyde chauffé sous pression;
  • La chaleur sèche : température élevée sur une longue période;
  • Le transfert de chaleur rapide : convection à air forcé;
  • La stérilisation à froid : immersion dans une solution chimique, lorsqu’une stérilisation par la chaleur n’est pas possible;
  • Stérilisateur de type B : autoclave avec des cycles de pompage sous vide avant et après la stérilisation.

Les instruments stérilisés doivent être conservés à l’abri de la lumière. Ils sont apportés dans la salle opératoire dans des emballages scellés pour ne pas être contaminés par des micro-organismes présents dans l’air ambiant. Les emballages d’instruments sont ouverts devant le patient.

Important : Une vérification des dispositifs de stérilisation est effectuée régulièrement pour s’assurer de leur bon fonctionnement.

Qualité de l’eau des canalisations

Pour éviter l’accumulation de micro-organismes dans les conduites d’eau de l’unité dentaire (pièces à main, pistolet air/eau, détartreur, etc.), on effectue une purge des canalisations pendant 3 minutes en début, milieu et fin de journée et pendant 30 secondes entre chaque patient.

On s’assure également de la présence et du bon fonctionnement des valves anti-reflux.

On utilise de l’eau stérile lors des procédures invasives (ex. : chirurgie, traitement de canal, etc).

De plus, si un avis d’ébullition ou de non-consommation d’eau a été émis par la municipalité, plusieurs mesures doivent être prise par la clinique pour protéger le patient, telles que l’utilisation d’eau embouteillée, distillée ou stérile et la désinfection des conduites d’eau.

Ventilation des salles

Les contaminants provenant de la poussière et des bioaérosols qui sont générés lors des traitements dentaires peuvent être éliminés en utilisant un système de filtration de l’air et un système de ventilation. Ces systèmes peuvent même être combinés à une désinfection de l’air à l’aide d’une lampe émettant des radiations ultraviolettes. De cette façon, l’air est constamment purifié des particules et des germes en suspension.