L’articulation temporo-mandibulaire (ATM)

L’articulation temporo-mandibulaire (ATM)

Qu’est-ce que l’articulation temporo-mandibulaire?

Comme son nom l’indique, l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) se trouve à la jonction de l’os temporal du crâne et de la mâchoire inférieure (mandibule), de chaque côté du visage, en avant des oreilles. Chaque humain possède donc 2 ATMs.

Les ATMs jouent un rôle principal dans des fonctions essentielles impliquant l’ouverture et la fermeture de la bouche, soient l’élocution, la mastication, la déglutition et même les bâillements. Elles sont donc les articulations les plus sollicitées du corps humain.

De plus, elles peuvent effectuer des glissements et des pivots avant-arrière (antéropostérieurs), en plus de légers mouvements de gauche à droite, et ce, de façon synchronisée. Elles supportent également des fonctions qui impliquent les dents et sont soumises à des forces élevées. Toutes ces particularités leur confèrent le titre des articulations les plus complexes du corps humain.

Les composantes de l’ATM

L’ATM est constituée de plusieurs éléments, dont les principaux sont :

  • la base du crâne où l’os temporal est situé et le condyle de la mandibule, soit la petite boule au bout de la branche montante de l’os de la mâchoire inférieure;
  • de petits muscles qui permettent à la mandibule de bouger;
  • plusieurs ligaments et tendons;
  • des vaisseaux sanguins et des nerfs;
  • des surfaces articulaires entre lesquelles un disque articulaire, aussi appelé ménisque, est positionné. Ce disque sert de petit coussin entre le condyle et le crâne lors des mouvements de la mandibule afin d’éviter tout frottement des surfaces articulaires et absorber et redistribuer les forces masticatoires importantes; ce ménisque possède également la particularité de suivre la mandibule dans la fosse articulaire lors du mouvement de la mâchoire;
  • du liquide synovial afin d’assurer une fluidité du mouvement de la mâchoire.

Le canal auditif se retrouve en arrière de l’ATM.

Ces éléments, ainsi que d’autres structures avoisinantes et celles qui s’y rattachent, doivent être en équilibre parfait pour bien fonctionner.

La mécanique derrière les mouvements de l’ATM

Lors de l’ouverture et de la fermeture de la bouche, les structures de l’ATM sont toutes sollicitées.

Ouverture et fermeture normale de la bouche

Lorsque la mâchoire inférieure est au repos, le condyle de la mandibule (en beige) repose normalement dans la fosse articulaire et le disque articulaire (en rose), aussi appelé ménisque, est situé entre le condyle et l’os du crâne.

À noter que le cercle noir à l’arrière de l’articulation temporomandibulaire est le canal auditif.

Lorsque la bouche est ouverte, le condyle (en beige) s’abaisse, avance et sort de la fosse articulaire. En temps
normal, le ménisque (en rose) avance également en même temps à l’aide des ligaments (en rouge) qui le stabilisent et des muscles de l’ATM (petites lignes noires en avant du condyle) pour assurer le confort du mouvement sans faire de bruit ni provoquer de douleur.

Lorsque l’articulation de mâchoire fonctionne normalement, aucun bruit ne devrait se faire entendre lorsque la personne ouvre ou ferme la bouche. Ceci implique également que les mouvements des 2 ATMs doivent être synchronisés.

Cependant, il arrive que les structures de l’ATM ne fonctionnent pas en harmonie et un déplacement anormal du disque articulaire peut se produire et des bruits peuvent se faire entendre, avec ou sans douleur.

Déplacement (luxation) du disque articulaire avec réduction (capture)

Au repos, le condyle de la mandibule (en beige) repose normalement dans la fosse articulaire. Par contre, le disque
articulaire (en rose) se trouve en avant du condyle et n’assure pas la protection des surfaces articulaires du condyle et de l’os du crâne.

Pendant le mouvement d’ouverture de la bouche, le condyle (en beige) s’abaisse et avance à l’extérieur de la fosse articulaire et le disque articulaire (en rose) se retrouve éventuellement entre le condyle et l’os du crâne comme il devrait l’être en temps normal. Lorsque le condyle « capture » le disque, un bruit peut se faire entendre et de la douleur peut être ressentie.

Un bruit semblable à celui perçu pendant l’ouverture de la bouche peut se fait entendre à la fermeture lorsque le condyle « échappe » le ménisque et que ce dernier se positionne anormalement à nouveau en avant du condyle.

La position avancée du disque articulaire est habituellement due à l’étirement des ligaments qui se situent à l’arrière du disque et qui sont rendus trop détendus pour le retenir à sa position normale.

Ce genre de déplacement du ménisque porte aussi le nom de « luxation réductible » ou encore « déplacement discal réductible » et peut affecter un seul ou les deux côtés de la mâchoire.

Déplacement du disque articulaire sans réduction (capture)

Tout comme lors de la position au repos en situation de déplacement discal réductible, le condyle de la mandibule (en beige) repose normalement dans la fosse articulaire, tandis que le disque articulaire (en rose) se trouve en avant du condyle. Dans cette position, le disque ne peut pas agir comme coussin entre le condyle et l’os du crâne.

En présence de luxation irréductible de la mâchoire, le condyle (en beige) s’abaisse et avance à l’extérieur de la fosse articulaire, mais il ne « capture » pas le disque articulaire (en rose) qui demeure en avant du condyle après avoir été « poussé » et comprimé par ce dernier. Il est rare d’entendre un bruit dans cette situation, mais l’amplitude d’ouverture de la bouche peut être moins grande que la normale, étant donné que le mouvement du condyle est « bloqué » par le ménisque.

Les ligaments qui retiennent le disque articulaire peuvent s’étirer de façon permanente dans le cas d’un déplacement discal irréductible si la tension est plus grande que leur limite élastique.

Un déplacement vers l’avant prolongé du disque articulaire peut mener éventuellement à de l’arthrose, c’est-à- dire l’usure des os, du ménisque ou du cartilage constituant l’ATM.

Troubles de l’ATM

La sollicitation fréquente des ATMs, les nombreux éléments qui les composent, ainsi que la complexité des mouvements possibles leur confèrent le statut d’articulations desquelles découlent le plus de problèmes. Plusieurs noms peuvent être employés pour désigner ces problèmes, dont les troubles temporo-mandibulaires (TTM), les désordres ou dysfonctions temporo-mandibulaires (DTM) ou encore les problèmes temporo-mandibulaires (PTM).

Ces désordres sont des conditions musculosquelettiques qui donnent des douleurs ou les différents symptômes énumérés ci-dessous.

Prévalence

Les troubles de l’ATM sont très fréquents. Selon des chiffres d’études américaines, de 5 à 12% des gens souffriraient d’au moins un trouble de l’ATM.

Les TTMs affecteraient beaucoup plus les femmes entre 20 et 50 ans que les hommes, dans un facteur qui varie de deux à cinq fois selon les statistiques disponibles.

Il est difficile de savoir si la prévalence des PTMs, qui est beaucoup plus élevée chez les femmes, est due ou non au fait que les femmes sont plus tentées à consulter un professionnel de la santé au sujet de leurs ATMs que les hommes ou si les femmes sont biologiquement et anatomiquement plus susceptibles de souffrir de problèmes d’ATM. En effet, des liens ont été faits entre les DTMs et les contraceptifs oraux, les fluctuations hormonales, les suppléments d’œstrogène et même la flexibilité accrue des femmes qui les prédisposent à avoir des articulations plus instables.

La prévalence tend aussi à être plus importante chez les individus pour lesquels au moins une dent est manquante. Elle diminue habituellement pendant ou après la quarantaine.

De tous les gens souffrant de DTMs, moins de 20% verront leur condition évoluer en problème chronique. Par ailleurs, seulement environ la moitié des gens qui souffrent de désordres temporomandibulaires iront chercher de l’aide professionnelle pour soulager leurs symptômes.

Signes et symptômes

Les signes et symptômes suivants peuvent survenir lorsqu’une personne est atteinte d’un trouble de l’ATM :

  • craquements, claquements, cliquetis, crépitements ou autres bruits, soient prévisibles (réguliers) ou imprévisibles (intermittents), lors de l’ouverture, de la fermeture de la bouche ou d’autres mouvements des mâchoires;
  • sensation de blocage de la mâchoire inférieure en position ouverte ou fermée;
  • difficulté à ouvrir la bouche, diminution de l’amplitude d’ouverture de la bouche ou déviation de la mâchoire inférieure d’un côté lors de l’ouverture de la bouche;
  • douleur, sensibilité, inconfort, engourdissement ou raideur constante ou intermittente en avant ou près des oreilles, à la mâchoire, à certaines dents, aux tempes et qui peut irradier au visage, au cou ou aux épaules, au repos ou encore lors d’un mouvement de la mâchoire inférieure;
  • maux de tête (céphalées) dont l’origine de la douleur semble être au niveau des tempes;
  • sensation de pression près des oreilles ou près des tempes, surtout au réveil;
  • difficulté ou même incapacité à fermer les dents parfaitement ensemble, surtout si un changement rapide est observé en ce sens;
  • problèmes d’audition (sensation d’atténuation ou d’exagération du bruit entendu, acouphènes, sensation d’oreille bouchée, etc.) ne pouvant être expliqués par un mauvais fonctionnement du système auditif ou neurologique;
  • vertiges;
  • enflure près de l’oreille qui n’est pas reliée à un traumatisme reçu.

Étant située près des dents, du cou et des oreilles, toute douleur ou tout inconfort ressenti à l’articulation de mâchoire de façon persistante doit amener la personne qui en souffre à consulter un dentiste ou un médecin pour écarter toute possibilité d’une infection ou d’une maladie ailleurs que dans l’ATM.

Il est important de noter que la manifestation d’un des signes et symptômes ci-dessus ne signifie pas nécessairement qu’il y ait un problème. Néanmoins, une investigation exercée par un professionnel de la santé buccodentaire est recommandée pour écarter tout problème éventuel ou pour le régler avant qu’une dégénérescence de l’articulation ne se produise.

Causes

Les causes qui provoquent un stress sur les structures composant l’articulation de la mâchoire ou une mauvaise coordination entre l’articulation et les muscles masticateurs sont particulièrement susceptibles de causer de la douleur.

Plusieurs autres facteurs peuvent expliquer différents signes et symptômes de TTMs, dont :

  • le bruxisme, c’est-à- dire le grincement des dents, surtout en présence de serrement inconscient des mâchoires;
  • une mauvaise posture qui exposerait les ATMs à des positions facilitant des pressions plus élevées sur la mandibule;
  • des spasmes dans les muscles masticateurs ou encore un mauvais fonctionnement des muscles qui s’activent lors des mouvements de la mandibule;
  • certaines maladies articulaires, dont :
    – l’arthrite, c’est-à- dire la présence d’inflammation des structures composant l’ATM;
    – l’arthrose dégénérative de l’articulation de mâchoire, diagnostiquée par radiographie, tomodensitométrie volumique à faisceau conique (TVFC) ou par imagerie en résonnance magnétique (IRM);
  • un niveau de stress ou d’anxiété élevé qui provoque un serrement des dents, une crispation des muscles supportant la mâchoire, le cou ou la tête. Il faut noter qu’il n’est pas évident de déterminer si le stress ou l’anxiété cause un DTM ou le contraire;
  • une façon de mastiquer non optimale, telle que de toujours manger ou croquer d’un même côté ou de manger des bouchées trop grosses;
  • une dentition incomplète, peu importe le nombre de dents manquantes ou encore une prothèse dentaire qui serait mal ajustée;
  • un traumatisme qui a été provoqué par un serrement des dents brusque, tel qu’un accident de voiture, un coup de fouet (« whiplash ») ou encore une blessure telle qu’un coup reçu au visage près des oreilles et qui peut endommager le disque articulaire;
  • de multiples anesthésies générales, étant donné que l’intubation qu’elles nécessitent peut affecter les ATMs d’un individu si les mâchoires doivent subir un mouvement d’ouverture important;
  • croquer souvent dans des aliments durs, se ronger les ongles ou mâchouiller différents objets qui provoquent une sollicitation considérable de la mandibule;
  • une habitude de mâcher de la gomme régulièrement et longtemps à la fois, ou encore une gomme trop dure qui exige un effort considérable;
  • une respiration buccale qui modifie inutilement la position au repos des ATMs;
  • déchiqueter des emballages de plastique avec les dents antérieures;
  • une anomalie congénitale ou des facteurs héréditaires;
  • un débalancement hormonal, comme à l’adolescence ou pendant une grossesse;
  • une malocclusion dentaire ou squelettique, c’est-à- dire un désalignement des dents, bien que le lien de cause à effet n’a pas été complètement établi scientifiquement, ce qui fait en sorte qu’une correction orthodontique n’est plus indiquée pour tenter de seulement corriger un PTM;
  •  l’hyperlaxité, c’est-à- dire un relâchement plus important que la moyenne des ligaments;
  • une extraction dentaire ou autre chirurgie buccale pendant laquelle un patient aurait à ouvrir la bouche très grande ou qui aurait modifié la forme et la grandeur des mâchoires significativement.

Plusieurs troubles de dysfonction de l’ATM n’ont malheureusement pas de causes facilement identifiables, ils sont donc considérés comme idiopathiques. D’autres sont multifactoriels.

Dans les cas les plus graves des PTMs, un patient peut souffrir d’arthrose temporo-mandibulaire, c’est-à- dire une usure du cartilage, des os et/ou du ménisque. Des techniques chirurgicales existent pour soulager le patient qui en souffre.

Diagnostic

Un dentiste est le meilleur professionnel de la santé pour diagnostiquer un trouble de l’ATM. Pour ce faire, plusieurs outils peuvent l’aider.

Antécédents médicaux et examen clinique visuel et tactile

Un bilan de santé peut révéler des indices sur la cause du TTM qui affecte un patient. Ce bilan permet d’identifier les symptômes ressentis et de déterminer les mauvaises habitudes qui peuvent être à l’origine du problème, entre autres.

Le dentiste peut aussi en apprendre davantage sur le problème d’articulation de mâchoire en effectuant un examen clinique visuel et tactile de la région. Cet examen est relativement rapide à effectuer et permet au dentiste de récolter d’autres informations pertinentes au diagnostic qui lui permettront ensuite de proposer un plan de traitement adapté à la situation.

Pendant son examen, le dentiste peut demander au patient d’ouvrir sa bouche plusieurs fois et de façons différentes afin de déceler toute déviation de la mandibule qui pourrait expliquer une partie des symptômes et l’orienter vers une piste de diagnostic.

Le dentiste peut également utiliser ses doigts pour palper la région de l’ATM afin de déterminer si le condyle se comporte correctement lors de l’ouverture et la fermeture de la bouche. Le professionnel de la santé buccodentaire peut aussi déceler une excroissance près des structures de l’ATM qui pourrait causer certains symptômes.

Autres tests diagnostics

Lorsque le dentiste soupçonne une dysfonction temporomandibulaire, il est important d’obtenir des données précises sur la structure de l’articulation avant de suggérer tout traitement. Pour ce faire, il peut utiliser les outils suivants :

  • une radiographie panoramique en 2D traditionnelle. Elle peut révéler des anomalies au niveau du condyle ou les autres os, sans pour autant fournir d’informations très précises;
  • une radiographie numérique en 3D, aussi appelée imagerie tridimensionnelle par tomodensitométrie volumétrique à faisceau conique (TVFC) (cone beam computed tomography (CBCT) en anglais). Elle a l’avantage de pouvoir donner des informations beaucoup plus précises sur l’anatomie de la région de l’ATM;
  • une imagerie par résonance magnétique (IRM). Contrairement à la radiographie ou la tomodensitométrie (TDM), l’IRM permet d’obtenir des informations précises sur les tissus mous du corps, tels que les muscles, et de l’enflure qui peut exister dans la région de l’ATM, bien mieux qu’avec la radiographie. En revanche, elle ne peut pas être utilisée efficacement pour étudier les tissus durs (os).

De nouvelles technologies, continuellement en développement, pourront potentiellement aider le professionnel de la santé buccodentaire dans son diagnostic de trouble de l’ATM et les façons utilisées pour tenter de le régler lorsqu’elles sont disponibles en clinique.

Traitements des troubles de l’ATM

Il faut savoir qu’une très grande majorité des troubles de l’articulation temporomandibulaire (environ 80%) se règlent d’eux-mêmes avec le temps, habituellement à l’intérieur de six mois, sans que le patient subisse de traitement spécifique.

Si le problème ne s’estompe pas avec le temps, avant d’entreprendre quelconque traitement pour régler un trouble de l’ATM, il est important d’en déterminer la cause, lorsqu’il s’avère possible de le faire. Lorsque la cause est connue, il est plus facile d’établir un plan de traitement avec un professionnel de la santé pour tenter de le régler.

Ce plan de traitement peut être multidisciplinaire, c’est-à- dire inclure des traitements avec différents spécialistes, tels qu’un dentiste généraliste, un chirurgien buccal et maxillo-facial, un orthodontiste, un parodontiste, un prosthodontiste, un physiothérapeute et/ou un médecin de famille. Habituellement, les traitements proposés sont prudents, c’est-à- dire qu’ils ne changent pas nécessairement les structures de l’ATM ou l’occlusion (la façon dont les dents se touchent) de façon permanente.

Il peut également arriver qu’un professionnel de la santé buccodentaire décide de ne pas traiter un problème d’ATM lorsque les symptômes ressentis par le patient ne sont pas incapacitants, qu’il ne génère pas de douleurs importantes ou lorsque la condition du patient ne montre pas de signes de dommages apparents ou potentiels à l’articulation de mâchoire.

Il faut aussi se souvenir qu’aucun traitement ne peut garantir la guérison des PTMs.

Temps et repos

Il existe plusieurs façons de soulager par le repos les symptômes des PTMs. Le but est de relaxer le plus possible les structures de l’ATM. Premièrement, le patient peut s’assurer que les dents supérieures et inférieures ne se touchent pas la plupart du temps. Les muscles tendus et/ou douloureux peuvent être soulagés en les massant et en appliquant de la chaleur ou du froid au préalable avec des compresses. De plus, le repos et les situations générant moins de stress peuvent aider à soulager les symptômes d’un DTM lorsque ce dernier est soupçonné d’être causé par le stress.

Pour maximiser les chances que les troubles de l’ATM se résorbent par eux-mêmes, les mauvaises habitudes énumérées dans les causes (voir ci-dessus) doivent être abandonnées.

Médicaments

Lorsque des douleurs près des ATMs apparaissent, un des premiers traitements à privilégier à court terme est la prise d’analgésiques et d’anti-inflammatoires légers disponibles en vente libre. En plus de soulager la douleur, les anti-inflammatoires peuvent faire diminuer l’enflure présente dans les tissus. Des relaxants musculaires peuvent également être utilisés pour aider à relâcher les muscles crispés. Si les douleurs s’estompent après quelques jours ou s’il y a amélioration des symptômes, un problème musculaire pourrait être en cause et se résorbera possiblement de lui-même.

Cependant, si les douleurs persistent, il n’est pas recommandé de continuer de prendre des médicaments sans en connaître les conséquences à moyen et long termes. Le patient est alors appelé à consulter un professionnel de la santé pour faire évaluer sa condition. D’autres traitements peuvent ensuite être envisagés, selon la gravité des symptômes et les conséquences potentielles sur les structures de l’ATM. Les professionnels de la santé buccodentaire adoptent souvent une prudence pour traiter les PTMs, car aucune garantie ne peut être faite à un patient qui en souffre. C’est donc le patient qui décide d’aller de l’avant ou non avec un traitement proposé.

Plaque occlusale

La plaque occlusale, aussi appelée plaque articulaire, est souvent utilisée pour apaiser les symptômes d’un trouble de dysfonction de l’ATM en équilibrant les forces induites par les mâchoires et les dents. Après le repos et les médicaments, c’est le traitement le moins coûteux et il donne souvent de bons résultats, même si la cause du problème n’est pas traitée à la source.

 

 

 

Une plaque articulaire est faite sur mesure en plastique transparent par un dentiste. Pour s’assurer d’un ajustement parfait sur les dents, des empreintes des dents supérieures ou inférieures du patient sont nécessaires. La plaque s’insère entre les dents sur la face occlusale d’une arcade dentaire (supérieure ou inférieure selon le cas) afin de relâcher les tensions sur l’ATM, d’empêcher la personne atteinte d’un PTM de serrer ses dents ensemble ou d’empêcher l’usure prématurée des dents qui pourrait aggraver sa condition.

 

 

La particularité d’une plaque visant à traiter un trouble de l’ATM est que le côté de la plaque où repose la dentition (supérieure ou inférieure) sur la plaque est relativement lisse, permettant à ces dents, ainsi qu’à la mâchoire de se déplacer librement au repos. De plus, si le patient essaie de serrer les dents ensemble, il mordra plutôt sur la plaque.

Le but avec le port d’une telle plaque est de « déprogrammer » la mandibule en la positionnant pour relâcher toute tension sur les structures qui composent les ATMs et atténuer les spasmes musculaires. Pour ce faire, il faut souvent fabriquer la plaque occlusale avec des épaisseurs différentes à certains endroits selon la dentition et le type de malocclusion dentaire et/ou squelettique observée chez le patient. De cette façon, au repos, les dents sont libres de glisser dans leur position neutre, sans égard à l’occlusion dentaire.

Un dentiste peut prescrire le port d’une plaque occlusale soit à temps plein (jour et nuit) ou seulement pendant une partie de la journée, souvent durant la nuit, tout dépendamment de plusieurs facteurs. La durée du port de cette plaque peut aussi varier de quelques mois à plus d’un an selon la gravité des symptômes. Il est important de respecter les recommandations du professionnel de la santé buccodentaire afin d’atteindre des résultats optimaux.

Après une période plus ou moins longue pendant laquelle un patient porte une plaque occlusale, des informations importantes sur la relation entre l’occlusion dentaire et les ATMs peuvent être recueillies afin d’assister le patient dans le traitement de son trouble de dysfonction de ses articulations temporomandibulaires. Parfois, un déplacement des dents ou de la mandibule peut survenir lors du port de la plaque, révélant ainsi la « vraie » malocclusion affectant le patient lorsque ses douleurs diminuent. Un traitement d’orthodontie, accompagné ou non d’une chirurgie de mâchoire, peut alors être initié comme moyen pour essayer de régler un problème d’ATM chronique en corrigeant la malocclusion exposée par le port de la plaque.

Orthodontie

Plusieurs PTMs semblent attribuables à une malocclusion dentaire, c’est-à- dire un désalignement des dents supérieures et inférieures. Même si aucune étude n’a donné de résultats probants, il est toutefois admis que les malocclusions dentaires peuvent affecter négativement l’équilibre des structures composant l’ATM, causant ainsi certains symptômes énumérés précédemment.

C’est pour cette raison que dans certains cas, un traitement orthodontique peut s’avérer efficace pour atténuer ou faire disparaître un trouble de l’ATM. Cependant, la disparition des symptômes après l’alignement adéquat de la dentition n’est pas garantie. Dans certains cas, les PTMs sont même aggravés pendant ou après un traitement orthodontique. S’ils surviennent pendant le port de broches, ils sont souvent temporaires le temps que les corrections dentaires soient effectuées et tendent à se résorber quelque temps après la fin du traitement d’orthodontie.

Chirurgie de mâchoire

En plus des malocclusions dentaires, un désalignement des mâchoires peut aussi causer divers symptômes aux ATMs. Dans le cadre d’un traitement orthodontique visant à rétablir une relation adéquate des dentitions inférieure et supérieure, il peut être indiqué d’inclure une chirurgie orthognathique pour réaligner les mâchoires. Il est à noter qu’une telle chirurgie est très rarement effectuée seule, sans traitement orthodontique.

Tout comme pour l’orthodontie, subir une chirurgie de mâchoire ne garantit pas la disparition de tous les symptômes. Parfois, certains troubles de l’ATM peuvent même apparaître après une chirurgie orthognathique chez des patients précédemment asymptomatiques. C’est pour cette raison qu’il est important, avant de consentir à subir un traitement aussi important et surtout irréversible qu’un traitement d’orthodontie combiné à une chirurgie de mâchoire, de bien s’informer des risques et des bénéfices auprès de professionnels de la santé buccodentaire certifiés et reconnus afin de prendre une décision éclairée.

Physiothérapie

Encore un peu méconnue du grand public pour ses bienfaits sur les articulations de mâchoire, la physiothérapie peut aider à atténuer ou faire disparaître certains symptômes aux ATMs, soit pour rétablir doucement l’équilibre des structures de l’ATM, soit en phase post-opératoire à une chirurgie de mâchoire pour regagner de la mobilité de l’articulation de mâchoire après une immobilisation s’échelonnant sur une période plus ou moins longue. Elle fonctionne d’ailleurs très bien en présence d’inflammation articulaire.

Ce ne sont pas tous les physiothérapeutes qui sont qualifiés pour traiter les DTMs, car les connaissances dans le domaine sont acquises lors de formations spécialisées après les études générales en physiothérapie. Le physiothérapeute qualifié en ATM fait d’abord une évaluation complète de la condition du patient afin de déterminer un plan de traitement efficace. Par la suite, il peut effectuer des manipulations douces (thérapie manuelle) et/ou offrir de l’électrothérapie pour rétablir la fluidité des mouvements de la mâchoire inférieure et relâcher des tensions musculaires au visage.

Le patient peut également faire des exercices simples dans le confort de son foyer afin d’aider ses ATMs en dehors des traitements de physiothérapie. Ces exercices peuvent inclure des corrections de posture dans le cas de projection de la tête vers l’avant.

Une prescription médicale fournie soit par un médecin, soit par un dentiste sera nécessaire pour le remboursement d’une partie ou de la totalité des frais de physiothérapie par certaines compagnies d’assurances. De plus, une collaboration étroite entre le physiothérapeute et le médecin ou le dentiste traitant est essentielle pour le traitement des DTMs.

Il est important de souligner qu’un problème temporo-mandibulaire est beaucoup plus facile à traiter lorsque les symptômes sont légers, par exemple, si un craquement est entendu à chaque fois que la bouche ouvre ou ferme même s’il est indolore, que lorsque les symptômes persistent pendant une longue période et qu’une usure de l’ATM s’installe ou que des ligaments qui retiennent le disque articulaire s’étirent de façon permanente. Il devient alors plus difficile pour le physiothérapeute d’aider le patient adéquatement.

Autres traitements

D’autres traitements peuvent être envisagés pour soulager les symptômes de désordres temporomandibulaires. Parmi ceux-ci, on retrouve :

  • une adaptation de diète afin d’éviter de solliciter de façon trop importante les articulations de mâchoire en se nourrissant temporairement d’aliments plus mous et qui peuvent être mastiqués facilement;
  • un changement de posture, surtout lors d’un travail prolongé en face d’un ordinateur ou au téléphone, afin d’aligner les oreilles avec les épaules sur une ligne verticale imaginaire et en rentrant un peu le menton à l’intérieur vers le cou;
  • des changements à certaines habitudes qui peuvent créer des douleurs à l’ATM, dont des bâillements trop importants (qui peuvent être contrôlés en positionnant une main sur la mandibule pendant le bâillement) ou le fait de mâchouiller des objets durs;
  • l’acupuncture peut aider à diminuer la douleur et les tensions musculaires au visage et au cou;
  • l’ostéopathie ou la kinésiologie qui peut aider à réaligner certaines structures du cou ou du visage et faire diminuer les douleurs;
  • la psychothérapie afin de faire diminuer le stress ou l’anxiété d’une personne, ce qui pourrait avoir une incidence sur ses douleurs à l’ATM.